Charges récupérables : la liste officielle et les pièges à éviter

Ascenseur, eau, chauffage collectif, entretien des parties communes, gardien, taxe d’ordures ménagères : ce que le bailleur peut refacturer au locataire, et ce qu’il ne peut pas.

Seules les charges listées par le décret n° 87-713 du 26 août 1987 peuvent être refacturées au locataire. Tout le reste, comme la taxe foncière ou les honoraires du syndic, reste à la charge du propriétaire, même si le bail dit le contraire.

Cette liste, qui concerne les logements du parc privé, est limitative : un locataire qui a payé une charge non récupérable peut en obtenir le remboursement, dans un délai de 3 ans. Voici ce qu’elle contient, et les dépenses qui n’y figurent jamais.

Les 8 catégories de charges récupérables

Le décret classe les charges récupérables en huit rubriques :

Rubrique Exemples
Ascenseurs et monte-charges Électricité, exploitation, entretien courant, menues réparations
Eau froide, eau chaude et chauffage collectif Eau consommée, combustible, entretien courant des installations collectives
Installations individuelles Dépenses d’exploitation et d’entretien courant des équipements individuels de chauffage et d’eau chaude
Parties communes intérieures Électricité, produits d’entretien, entretien de la minuterie, des tapis, des vide-ordures
Espaces extérieurs Entretien des voies de circulation, des aires de stationnement, des espaces verts et des aires de jeux
Hygiène Sacs nécessaires à l’élimination des déchets, produits de désinsectisation et de désinfection
Équipements divers Exploitation et entretien courant de certains équipements communs du bâtiment (liste détaillée dans le décret)
Impositions et redevances Taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères, taxe de balayage

Le cas du gardien ou du concierge

La rémunération du gardien n’est récupérable qu’en partie, selon les tâches qu’il assure :

  • 75 % de sa rémunération et des charges sociales afférentes si, selon son contrat, il assure à la fois l’entretien des parties communes et l’élimination des déchets ;
  • 40 % s’il n’assure que l’une de ces deux tâches.

Les règles diffèrent lorsque ces tâches sont confiées à un employé d’immeuble ou à une entreprise extérieure : reportez-vous au décret pour ces cas.

Quelles charges le bailleur ne peut-il jamais refacturer ?

  • La taxe foncière (seule la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui figure sur le même avis, est récupérable).
  • Les honoraires du syndic et les frais de gestion de la copropriété.
  • Les gros travaux, les remplacements d’équipements et les travaux d’amélioration.
  • L'assurance du propriétaire (multirisque immeuble, assurance propriétaire non occupant, garantie loyers impayés).
  • Les frais de gestion locative d’une agence.

Comment repérer les charges récupérables dans les comptes de copropriété

Le décompte annuel du syndic ventile généralement les dépenses entre charges générales, charges spéciales et part récupérable. Vérifiez cependant ligne par ligne : la colonne « récupérable » est un outil de travail, pas une garantie. En cas de doute sur une dépense, la référence reste le texte du décret.

Et l’entretien courant du logement ?

Les petites réparations et l’entretien courant du logement lui-même (joints, robinetterie, entretien des équipements) relèvent d’un autre texte, le décret n° 87-712 sur les réparations locatives : ils sont à la charge directe du locataire et ne passent pas par les charges.

Sources

Cette page donne une information générale, à jour à la date indiquée. Elle ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal adapté à votre situation : l'ADIL de votre département vous conseille gratuitement. Une erreur ? Signalez-la.

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